| Il est des
noms de lieux qui, pour modestes qu'ils soient, n'en sont pas moins
puissamment chargés d'histoire.
Montaudran, kilomètre zéro de l'aviation civile,
a donné ses lettres de noblesse à la ville de Toulouse. Au-delà des prouesses techniques, Montaudran témoigne des valeurs
humaines hors normes d'hommes d'exception, ces valeurs que nous
souhaitons tant partager avec nos enfants.
A Montaudran,
s’est écrit entre 1917 et 1933 ce que le temps a fait
apparaître comme l’une des plus grandes épopées
technologiques et humaines du 20ème siècle. Si peu
d’années et 13 000 kilomètres parcourus pour
ouvrir la première et la plus longue des lignes aériennes
commerciales.
Une poignée
de pilotes, de mécaniciens, à bord de leurs biplans
dérisoires, avaient, sans le savoir, embarqué Toulouse
vers le ciel et amené dans leurs sacoches de cuir élimées
et griffées l’histoire d’une ville toute entière.
Site de
production du constructeur Latécoère, tête de la célèbre "Ligne"
qui conduira jusqu'à Santiago du Chili, Montaudran perdra en 1935
son rôle d'aéroport au profit de Francazal pour devenir un haut
lieu de la maintenance d'appareils.
Une école d'apprentissage
réputée y sera installée dès 1936, fournissant une main d'œuvre
qualifiée pour les ateliers. Au fil des décennies, se succèderont
des remotorisations, modifications ou grandes visites, depuis les
Languedoc aux Airbus A320 en passant par les DC 3, Bréguet
"deux ponts", Super Constellation et autres Boeing 707,
pour n'évoquer que les plus connus.
Aujourd’hui
seule la chaudronnerie RUMEAU, installée dans un ancien bâtiment
de l’usine Latécoère maintient le flambeau de
l’aéronautique mais excellemment puisque cette société
a été choisie pour réaliser les renforts de
réservoirs des Concorde après le tragique accident
de Gonesse. Notre ami Monsieur Rumeau a su faire perdurer l’
« Esprit de Montaudran ». |