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Dés
1917, Latécoère pense à l’après guerre
et réfléchit, en visionnaire, à une ligne aérienne
vers l’Amérique du Sud qui paraît être le nouveau
« marché émergeant ». Il sollicite des
soutiens des Pouvoirs Publics mais est éconduit. Faire 500
km en avion sans incident est déjà exceptionnel alors
12.000…
« Tous les experts disent que notre projet est irréalisable,
il ne reste donc qu’une chose à faire : le réaliser
».
Le 25 décembre 1918,
il inaugure le premier tronçon, Toulouse – Barcelone, piloté
par le capitaine Cornemont. Puis c’est le Maroc, le Sahara, Dakar
enfin. Des missions de défrichage sont envoyées en
Amérique du Sud. Les Bréguet XIV ont remplacé
les Salmson mais ne sont pas très adaptés. Didier
Daurat, chef d’exploitation, dirige depuis son bureau de Montaudran
ses pilotes, ses mécaniciens et ouvriers d’une main de fer
mais sait leur insuffler la mystique de la Ligne. La légende
de la Ligne est en train de naître avec Mermoz, Guillaumet,
Reine, Saint-Exupery et tant d’autres.
Tout cela a été raconté dans beaucoup d’ouvrages.
En 1926, Latécoère
absorbé par l’aspect industriel, cède la Ligne à
un financier français établi au Brésil : Marcel
Bouilloux-Lafont. Celui-ci a bâti un empire : banques, ports,
chemins de fer… L’avion est providentiel dans cet immense continent
peu équipé en routes et voies ferrées. Il appelle
la compagnie AEROPOSTALE. Sous son impulsion L’Aéropostale
s’équipe du matériel le plus moderne : moyens de navigation
optiques puis radioélectriques, liaisons radio, toute la
Ligne est en liaison avec la station radio de Montaudran. C’est
la première compagnie à pratiquer le vol de nuit,
première à franchir la Cordillère des Andes,
première à franchir un océan.
Bouilloux-Lafont s’attaque à l’Atlantique Nord. Il traite
directement avec les gouvernements et apporte à la France
le monopole sur l’Atlantique ! L’Aéropostale est la plus
grande et plus moderne compagnie du monde avec les meilleurs pilotes
(selon Ron Davis, titulaire de la chaire d’histoire aéronautique
au Smithsonian Institute de Washington).
Mais ce succès suscite des jalousies. Des politiciens le
soupçonnent de visées politiques. Le crack boursier
de 1929 frappe le Brésil de plein fouet. En 1933, l’Aéropostale
est mise en liquidation et l’actif absorbé par la nouvelle
compagnie nationale Air France.
Bouilloux-Laffont ruiné mourra dans la misère au Brésil.
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