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L’épopée
de la Ligne fait l’admiration de tous les jeunes gens de l’époque,
mais pour beaucoup la seule possibilité de voler est le planeur.
Selon M.
Debezy, ancien mécano du célèbre Marcel Doret,
voici comment le vol à voile a commencé à Toulouse
: alors qu’il était jeune arpette (apprenti) chez Dewoitine,
il convoyait avec ses camarades les ailes chez Latécoère
pour les entoiler, car Dewoitine n’avait pas d’atelier d’entoilage.
Ils repérèrent un stock d’ailes de Salmson inutilisées
et demandèrent à leur contremaître de négocier
ces ailes avec la direction qui accepta de les céder. Ils
réalisèrent ainsi de bric et de broc des planeurs
qui furent essayés sur une colline de Labège.
Un jeune passionné toulousain qui avait conçu et construit
son premier planeur à quinze ans, Jean-René Lagasse
ouvrit un atelier rue des Trois Fours au Pont des Demoiselles et
construisit des planeurs de 1921 au début des années
30. Il était alors le premier constructeur de planeurs français
et exportait même en Allemagne.
Avec quelques
amis, Thomas, Alibert, Pharabod, pilote à l’Aéropostale,
il créa un club à Balma mais les possibilités
étaient modestes : vol à 1 ou 2 mètres du sol
sur une centaine de mètres. Aussi, ils se déplacèrent
d’abord à Estantens sur les coteaux dominant la Garonne au
sud de Muret, puis Thomas découvrit l’endroit idéal
à la Montagne Noire. Ce dernier site deviendra en 1938 Centre
National et formera des générations de moniteurs de
vol à voile.
Concurrencé
par les productions plus modernes, notamment de Robert Castello,
bras droit d’Emile Dewoitine, qui construisit des planeurs rue Monplaisir
dans les locaux de la brasserie Saint-Dizier, Lagasse cessa ses
activités.
Toutefois,
pendant l’occupation, les autorités allemandes interdisant
le vol "sauf sur des planeurs sans commandes"(!), Il réalisa
un planeur pilotable par déplacement du corps, un ancêtre
en quelque sorte de nos deltaplanes.
Lagasse
est bien oublié aujourd’hui mais par chance l’Association
Escadrille Croix du Sud a retrouvé récemment deux
de ses planeurs qui étaient dans une grange depuis 1936 !
Ils vont être restaurés.
Un atelier
de fabrication de maquettes de soufflerie fonctionna longtemps boulevard
de la Marne.
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